Konnect, la mobilité by Kerhis

Fév 16, 2021 | Expert métier, Expert numérique

Équiper son personnel nomade d’applications dédiées sur des terminaux tactiles est devenu une priorité !

ATC, commerciaux, contrôleurs qualité, acheteurs : à chacun son application sur le support le mieux adapté.

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A Kerhis, la mobilité est devenue un axe stratégique et une réelle priorité.

Selon Emmanuel Etesse, consultant innovation, agri-agro et santé au village by CA du Finistère, il existe dans l’environnement actuel quatre facteurs principaux qui facilitent la mobilité en général et plus particulièrement en agriculture.

  1. Le premier concerne la généralisation des supports mobiles. Les smartphones et les tablettes prennent une place de plus en plus importante : 98 % des 18-24 ans sont équipés d’un smartphone, 95 % des 25-39 ans et 80 % des 40-59 ans. Ce taux d’équipement très fort facilite à la fois la mobilité et multiplie les besoins d’applications mobiles.
  2. Le second facteur, particulièrement important en agriculture, traite de la gestion du connecté/déconnecté. Dans les zones agricoles, il existe encore des zones blanches mais aussi des bâtiments peu propices à la diffusion des ondes. Il faut donc à la fois pouvoir gérer des applications qui fonctionnent en connecté, mais aussi en déconnecté.
  3. Troisième facteur ; le développement d’applications parfaitement adaptées aux supports mobiles que l’on utilise, et c’est là toute l’importance de ce qu’on appelle l’UX, l’expérience utilisateur. Rien de plus désagréable que d’utiliser des applications qui ont été développées pour le web et des écrans 13 ou 15 pouces, qui obligent à scroller sur des smartphones.
  4. Enfin, on ne peut négliger la sécurisation des données sur le support smartphone. Il est nécessaire de “maîtriser et protéger“ les données smartphone et également celles transmises via le cloud. Le smartphone et le cloud étant les principaux “véhicules” pour les échanges et les remontées des informations vers une base de données centrale.

« Au travers des applications mobiles, les données numériques peuvent être enrichies par des capteurs, de plus en plus présents sur les exploitations agricoles, sur les machines, les bâtiments, ou positionnés sur les animaux. »

 

Dans le domaine agricole, en quoi et comment, ces applications mobiles sont elles complémentaires à des applications centrales, comme les ERP par exemple ?

Emmanuel Etesse : Le premier avantage est tout simplement de pouvoir échanger des données numériques. Fini, les supports écrits, les papiers autocarbonés sur lesquels on note des informations qu’il faut par la suite ressaisir.

Le second avantage, c’est de s’affranchir des multiples fichiers, notamment Excel, sur lesquels on a des données difficiles à compiler par la suite car la plupart du temps, chaque service de l’entreprise possède ses propres fichiers Excel, parfois dans des formats différents.
Grâce aux applications mobiles qui gênèrent des données numériques, on obtient systématiquement une compilation au sein d’une base de données centrale.

Il est ensuite possible de créer des passerelles plus facilement entre ces données, plutôt qu’à partir d’informations re-saisies, ou issues de multiples fichiers et pas mises à jour en temps réel.
Les applications mobiles vont aussi avoir un effet sur l’amélioration du conseil et de la réactivité. Un technicien de coopérative, peut, par exemple, synchroniser les données d’historique et d’interventions, en avance de phase, avant d’aller en conseil chez le client. Il aura ainsi à sa disposition, sur place, l’ensemble des informations et notamment celles qui ont été gérées par d’autres techniciens.

On peut aussi créer une interface avec l’exploitant agricole, avec des droits d’accès spécifiques, et échanger ainsi des données de façon plus facile.
Le partage des données se trouve ainsi largement simplifié.

Les applications mobiles, grâce au support mobile, sont un vrai couteau suisse, dans le sens où l’on peut enrichir l’expérience avec à la fois de la photo et de la vidéo ou de la captation du son. C’est un point extrêmement important, qui permet de mieux gérer les stratégies de conseil.

De plus, au travers des applications mobiles, les données numériques peuvent être enrichies par des capteurs, de plus en plus présents sur les exploitations agricoles, sur les machines, les bâtiments, ou positionnés sur les animaux. On en ressort souvent des éléments très intéressants.

 

Quelles sont les évolutions possibles et les enjeux de demain, par rapport à cet environnement mobile ?

Emmanuel Etesse : L’enjeu est d’aller vers cette mobilité qui n’est plus “un gadget” ou un simple “confort”. Avec le renouvellement des générations, les personnes qui rentrent aujourd’hui sur le marché du travail, qui s’installent en agriculture, sont nés quasiment avec un smartphone dans la main.  De même les techniciens qui arrivent dans les entreprises, sont sans doute plus friands de cette technologie que l’ancienne génération. Ils ont l’habitude de gérer cette mobilité. C’est une évolution qu’il faut prendre en compte et intégrer.
La mobilité par la collecte de données automatisées , ouvrent aussi de nouveaux champs d’investigation, notamment les applications utilisant l’intelligence artificielle en production animale. Toutes ces données interprétées pourraient permettre de générer des anticipations, prédictions pour le conseil en exploitation agricole. On a des exemples aujourd’hui, notamment avec de la reconnaissance faciale en porc ou de la reconnaissance sonore pour isoler d’éventuelles maladies.
Le traitement via le Big Data est aussi une opportunité. Plus on collecte de données, plus on a des bases importantes et plus on peut modéliser de nouvelles choses via de nouveaux algorithmes, et ainsi encore améliorer le conseil et la productivité dans les exploitations agricoles.
Autre point important sur la partie agricole ; l’importance de la traçabilité de la fourche à la fourchette. Aujourd’hui, les données sont collectées tout au long de la chaîne agroalimentaire pour assurer le suivi de la traçabilité. Elles sont exploitées sur des produits tels le lait, le jambon, la pomme de terre en purée, par exemple. Cela permet de fournir au consommateur le suivi complet du produit acheté, via une application sur son smartphone.

Ce sont des évolutions qu’on voit émerger aujourd’hui, notamment au travers des starts-up du réseau du village by CA, qu’on anime aujourd’hui. Et ces starts-up travaillent pour apporter des réponses aux entreprises au niveau de ces enjeux de demain

La mobilité chez Kerhis…

Comment gère-t’on cet enjeu de mobilité chez Kerhis ?

Julien Le Nel, responsable marché Productions Animales : « Chez Kerhis, on partage le même constat qu’Emmanuel. Depuis une dizaine d’années, c’est une véritable explosion de l’usage des smartphones et tablettes. Tous nos clients sont bien entendu concernés par cette transformation digitale. C’est pourquoi en tant que partenaire informatique privilégié, on se doit de leur apporter des solutions qui leur permettent de réussir cette démarche, en leur proposant des applications adaptées. Celles-ci doivent pouvoir être fournies aux nouveaux utilisateurs, mais également à l’ensemble des nomades, ainsi qu’aux adhérents et clients, fournisseurs, transporteurs. C’est vraiment tout l’écosystème de l’entreprise qui peut bénéficier d’applications mobiles.
À Kerhis, la mobilité est devenue un axe stratégique et une réelle priorité. On investit de manière conséquente, depuis une dizaine d’années, dans les applications mobiles même si on le faisait déjà avant.
À titre d’exemple, on vient de recruter une personne spécialisée dans l’UX/UI, et dont la compétence principale est de travailler sur l’ergonomie et le design des applications mobiles.

Comment est née Konnect, la solution mobile Kerhis, aujourd’hui utilisée par un grand nombre de clients ?

Julien Le Nel : Les applications mobiles, ont réellement débuté en 2003 et 2004, donc ça ne date pas d’aujourd’hui, on parlait à l’époque d’applications très spécialisées, avec des développements qui étaient fait sous environnement Windows Mobile. Les premières réalisations étaient des applications mobiles pour équiper des acheteurs de bovins en ferme, avec un fonctionnel vraiment spécifique, une application qui permettait de scanner des passeports pour faire des bons d’achats.
Quelques années plus tard, on a élargi le champ de nos compétences en proposant des applications mobiles qui étaient cette fois, destinées à équiper des magasiniers sur la gestion d’entrepôt ou la préparation de commandes, des inventaires, des réceptions et un certain nombre d’autres fonctionnalités. Et puis, l’essor est vraiment apparu, le développement et l’investissement est important en 2010, 2011, 2012, avec l’invasion et le développement très fort des smartphones et tablettes. C’est à cette période qu’est est née la première version de l’application Konnect, qui aujourd’hui, équipe de très nombreux techniciens, mais aussi des vétérinaires, des chauffeurs, des contrôleurs et de plus en plus d’éleveurs.
On parle désormais, non-plus d’applications spécifiques, mais bien d’un véritable prolongement de l’outil de gestion central de l’entreprise déporté sur des applications mobiles. Le champ des possibles est désormais tout autre, par rapport à ce qui se faisait il y a une dizaine d’années. Les fonctionnalités telles que la collecte d’informations ou la mise à disposition de ces mêmes informations via à vis des nomades se sont très largement répandues.

Comment l’application s’adapte aux différents profils utilisateurs tels que les techniciens, vétérinaires, éleveurs, chauffeurs ?

Julien Le Nel : Nous travaillons exclusivement avec les entreprises du monde agricole et agroalimentaire. La première contrainte, à prendre en considération, c’était et c’est toujours malheureusement la couverture réseau au niveau des exploitations agricoles, puisque les utilisateurs sont amenés à se déplacer en exploitation. La problématique des zones blanches, mal desservies, était un premier paramètre pour proposer une solution qui puisse fonctionner partout, tout le temps, et même sans réseau.
La solution Konnect, application disponible sous Android , fonctionne en mode déconnecté. L’utilisateur peut saisir ou consulter de l’information, y compris en l’absence totale de réseau. Il peut ensuite procéder à une synchronisation, qui va se faire dès qu’il se trouvera en zone couverte.

Mais l’offre Konnect ne s’arrête pas là puisqu’elle propose, en plus , un mode Web connecté, qui permet cette fois-ci d’élargir le champ des utilisateurs, en offrant un accès très simple via n’importe quel navigateur du marché. Cette possibilité est essentiellement utilisée pour donner l’accès à l’information et à la saisie, auprès de centaines d’éleveurs. C’est une stratégie d’ouverture du système d’information sur l’extérieur. Les modules Konnect et Konnect Web fonctionnent avec une seule administration, un paramétrage unique se fait depuis l’application centrale K-Net et permet de toucher un très large panel de profils utilisateurs.
C’est à ce titre que cette offre est unique sur le marché En effet, elle offre une administration centralisée, une autonomie, une possibilité de paramétrage et d’adaptation par le client, par l’administrateur du client et des formulaires de saisie, bref  une totale liberté, d’évolution et d’enrichissement de la solution. Et tout cela, sans passer par du développement spécifique. D’un point de vue technique, la synchronisation et l’hébergement de la solution se fait via la plate forme Azure de Microsoft, qui est un gage de fiabilité et de sécurité pour ce type d’applications puisque ce sont des éléments très sensibles à partir du moment où on donne des accès au système d’information à l’extérieur. Les paramètres de sécurité y sont très importants.

Quelles sont les filières animales couvertes par cette application ?

Julien Le Nel : Nous avons débuté en 2011 par des applications pour la filière volaille. L’objectif initial était d’équiper les techniciens. Aujourd’hui, il y a plusieurs centaines d’utilisateurs avec des profils variés qui sont essentiellement techniciens et éleveurs. De plus en plus d’éleveurs utilisent la solution, certains en mode connecté, mais également en mode déconnecté afin saisir la consultation dans le bâtiment, notamment dans les élevages « repro » pour l’accouvage, soit via un équipement en applications installées sur le smartphone ou la tablette de l’éleveur.
Puis, progressivement, on a élargi le  périmètre fonctionnel de l’application, pour apporter du contenu et des fonctionnalités dédiées à chaque filière.
Aujourd’hui, l’application Konnect est disponible

  • pour les ruminants, groupement de producteurs, mais également potentiellement d’abattoirs.
  • sur la filière lapin aussi, auprès de techniciens.
  • Et progressivement sur la filière porc

Une version est également dédiée aux vétérinaires dans le cadre des activités liées à la santé animale, à la distribution, la préconisation et la prescription de médicaments. Des fonctionnalités notamment pour la mise à jour des plans sanitaires d’élevage et des protocoles de soins, avec la réalisation de formulaire qui permettent de mettre à jour un certain nombre d’éléments pouvant servir de contrôle à la délivrance. Et surtout, cela simplifie nettement le travail administratif du vétérinaire.

La coopérative CAVAC en Vendée, par exemple, a débuté en équipant les technico-commerciaux bovins pour des achats, notamment en ferme depuis un an et demi. Maintenant, ils sont en période de déploiement auprès des techniciens volaille, lapin et de la version Web. Les retours client sont très positifs. Beaucoup d’utilisateurs ont même confié qu’ils ne pourraient plus se passer de l’outil au quotidien. Les équipes informatiques sont généralement convaincues et satisfaites par le côté paramétrage, l’autonomie et les possibilités d’évolution de la solution, sans passer par des développements spécifiques. Le fait d’avoir la main sur une solution mobile est quelque chose d’assez exclusif en termes de possibilités sur le marché.

« Le principal avantage de Konnect est qu’il permet une personnalisation maximale pour que chacun puisse adapter l’outil à ses besoins tout en conservant la performance et les aspects techniques de synchronisation ainsi que le mode déconnecté. »

 

Florence Le Coz est responsable produit Productions Animales au sein de Kerhis, et responsable du produit Konnect depuis son lancement. C’est elle qui assure aujourd’hui les développements.

Selon elle, le principal avantage de Konnect est qu’il permet une personnalisation maximale pour que chacun puisse adapter l’outil à ses besoins tout en gardant la performance et les aspects techniques de synchronisation et le mode déconnecté.

De plus, tous les éléments d’administration sont centralisés dans une même application, que ce soit la gestion des droits, le paramétrage et l’attribution des formulaires aux différents profils. Cela permet d’avoir une maîtrise complète de ce qui va pouvoir être envoyé vers l’application Konnect et cela facilite la prise en main par les administrateurs qui sont déjà habitués à l’utilisation de Kerhis.

D’autre part, la collecte de l’information est décentralisée. En déportant la collecte via les équipes techniques et les éleveurs, ceci permet de démultiplier le nombre de personnes collectant l’information, et donc d’avoir une information plus complète, plus précise et plus rapidement accessible ; le tout étant saisi directement dans l’application Konnect et remonté immédiatement pour pouvoir être exploité.

Un autre bénéfice par rapport à cela est que cette information terrain va pouvoir être consolidée dans l’application centrale qui va avoir également d’autres informations d’administration qui viennent par exemple des abattoirs. Et toutes ces informations collectées, sont directement organisées selon l’architecture existante de la base de données et deviennent en cela plus facilement exploitables.

Les données sont ainsi valorisées et peuvent être facilement exploitées pour des statistiques, des restitutions techniques à destination des éleveurs et des techniciens.

Concrètement, comment se passe l’utilisation de l’outil Konnect ?

Florence Le Coz : Après la phase de formation par les consultants Kerhis sur l’utilisation et l’administration de Konnect, les administrateurs sont autonomes sur le paramétrage des formulaires dans la plateforme d’administration et la mise à disposition des utilisateurs.

L’utilisateur, va pouvoir ensuite saisir simplement le formulaire, soit sur une tablette ou un smartphone pour des applications mobiles, soit sur un PC via son navigateur pour Konnect web et ainsi renvoyer les informations vers l’application centrale.
Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’on va aussi exploiter d’autres fonctionnalités connues dans K-Net, comme par exemple, les interventions qui permettent en fait de proposer une sorte d’agenda du technicien ou d’agenda de l’éleveur par rapport à des actions à réaliser sur la collecte de données, également des rappels sur la transmission d’informations ou des opérations à réaliser dans l’élevage. L’objectif étant aussi de pouvoir suivre finalement les actions à mener. Notamment la fameuse fiche IK qui doit être transmise aux abattoirs sur nos applications volailles. On propose même la possibilité de pré-remplir cette fiche Ik via Konnect et de pouvoir l’envoyer selon le format Cerfa directement à l’abattoir. Cela permet finalement, en récupérant les données qui ont été collectées tout au long de la vie du veau, de pré-charger et d’envoyer plus facilement les informations.

On va permettre également, et ce n’est pas la moindre des fonctionnalités, de pouvoir ramener sur certains métiers des informations liées à la vie du lot. En volailles, par exemple, toutes les informations du lot sont consultables via Konnect directement dans l’élevage, avec des données d’entrées, mais également toutes les données journalières, des courbes de restitution sur des suivis de poids ou des suivis de mortalité qui permettent à l’éleveur et aux techniciens d’avoir accès à la même information, de pouvoir les confronter et échanger ensemble sur des données objectives qui leur sont partagées via l’application.

Quelles sont les évolutions prévues sur ce produit Konnect ?

Florence Le Coz : Aujourd’hui, on avance beaucoup sur les restitutions et l’exploitation des données pour mettre à disposition des utilisateurs de Konnect les données exploitées, les indicateurs techniques par rapport au lot.

On avance également sur des thématiques transversales telles que l’ergonomie. Concrètement, on souhaiterait améliorer l’expérience de renseigner des audits, en proposant une manière plus simple et plus conviviale.

Les auteurs

Emmanuel Etesse

Consultant innovation, agri-agro et santé au village by CA du Finistère.
Emmanuel a pour mission d’accompagner les starts-up dans leur développement et également les entreprises partenaires du territoire dans leurs projets d’innovation.
Fort d’une expérience précédente, de deux ans au sein d’une start-up dont l’activité était de collecter et valoriser des données agricoles, il a également travaillé au sein d’une structure de gestion agricole sur des sujets de Conseil Economique et Technico-Économique.

Julien Le Nel

Responsable marché Productions Animales au sein de Kerhis.
Diplômé d’UniLasalle, Julien a évolué en tant qu’ingénieur d’affaires auprès des agriculteurs au sein d’Isagri. Il est depuis près de 15 ans chez Kerhis, l’interlocuteur privilégié des coopératives et agro-industries sur le marché des productions animales.

Florence Le Coz

Responsable produit Productions Animales au sein de Kerhis. Diplômée d’AgroParis Tech, Florence a évoluée au sein de différentes organisations agri, agro et ONG à l’étranger. Elle a rejoint Kerhis il y a 7 ans. Elle pilote la ligne de produits Kerhis à destination des productions animales.